« Graphis »
Hologramme de synthèse, 3m X 60cm
Jacques Desbiens; 2009-10
Calligraphie orientale : Yunjeung Yang
Calligraphie arabe : Joseph El Hourany

 

 

 

“Graphis”, est un mot latin qui signifie “crayon”, un outil servant à dessiner et écrire. C’est aussi le titre d’un large hologramme synthétique montrant des calligraphies de textes historiques en latin, chinois, arabe, français moyen, grec et italien. Dans cette composition 3D, les textes et objets sont associés spatialement dans trois scènes qui se transforment lorsque l’observateur se déplace latéralement. Les citations sont issues de traités de peinture, d’optique, de perspective et de calligraphie, dont les auteurs sont : Zhang Huaiguan (8ième siècle), Ibn Al-Haitham (Alhazen, 965-1039), Guo Xi, (11ième siècle), Su Dongpo (Su Shi, 1036-1101), Roger Bacon (1214-1294), Leonardo da Vinci (1452-1519), Jean Pélerin Viator (1445-1524) et Francesco Maria Grimaldi (1618-1663). Dans le contexte contemporain de l’holographie de synthèse, ces citations peuvent véhiculer des significations dépassant l’intention des auteurs. Néanmoins et plus que jamais, elles sont une part de l’histoire de la représentation spatiale.

J’ai présenté « Graphis » lors de l’International Symposium on Display Holography (Cambridge, 2011).

Article  tiré des Actes : « Content metamorphosis in synthetic holography »

Une version plus petite de "Graphis" (1.5m X 30cm) peut être vue jusqu’en Septembre 2014 dans l’exposition “The Jeweled Net: Views of Contemporary Holography” au M.I.T. Museum.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici quelques extraits de l'hologramme:

"Une montagne vue de près a une apparence; une montagne vue d’une distance de plusieurs miles en a une autre. Lorsque vue d’une distance de vingtaines de miles, elle en a encore une autre. Les changements d’apparence causés par les variations de degrés de distances d’un objet est connu figurativement par « le changement de forme avec chaque pas que l’on fait ». La vue frontale d’une montagne a un aspect; la vue de côté un autre; la vue arrière encore une autre. La vue constamment transformée de quelque côté que ce soit est décrite par « les différentes formes d’une montagne vue de tout côté ». Ainsi une seule montagne combine en elle plusieurs millier d’apparences. Ne devrait-on pas réaliser ce fait?"

Guo Xi, « Lin Ch’üan Kao Chih » (1117)

 

« La recherche commence par l’observation des choses présentes, l’examen des circonstances optiques et le discernement des spécificités de leurs composantes. »

« J’ai vu que je n’atteins la vérité que d’après des idées dont les éléments sont concrets et leurs images sont imaginaires. »

Ibn Al-Haitham, “Kitãb al-Manãzir” (c. 1028-1038)

 

 

 

« Je suis toujours, depuis l’âge de jeunesse, embarrassé des convictions différentes des gens, comment chaque groupe d’eux s’attache à ce qu’ils croient, et j’étais moi-même douteux de tout cela. »

Ibn Al-Haitham, “Kitãb al-Manãzir” (c. 1028-1038) Calligraphie de Joseph El-Hourani

 

« La diversité d’aspect des choses devant est toujours à considérer. »

Jean Pélerin Viator
"De Artificiali Perspectiva" (1505)

 

« Le temps n’est pas sans le mouvement »

« La lumière se multiplie dans le temps »

Roger Bacon,
"Opus Magus" (1267)

 

« Comme la pierre lancée dans l’eau devient le centre et cause divers cercles, le son se propage en cercles dans l’air. Ainsi tout corps placé dans l’air lumineux se propage en cercles et remplit l’espace environnant avec d’infini simulacre de lui-même et apparaît tous et tout et tous en chacune de leurs parties. »

Leonardo da Vinci
"Notebooks", Ms. A, fol. 9 v. (c. 1505)

 

 

« Mon cœur est vide, chargé de rien.
Qu’importent les valeurs mondaines!
Voyez sur l’eau d’un puits ancien,
Dix mille images vont et viennent… »

Su Dongpo « Dedicace », (11ième siècle)

Calligraphie de Yang Yunjeung

 

« Un quatrième mode d’éclairement est connu, voici maintenant comment je propose de le nommer : Diffraction. Attirons l’attention qu’à certains moments la lumière est divisée, pour être partitionnée, multipliée, sectionnée et séparée, cela toutefois par le même médium dans diverses procédures ultérieures. À cause de cela du moins, c’est enfin comment je conclue. »

Francesco Maria Grimaldi,
"Physico-Mathesis de Lumine Coloribus et Iride", (1665)